Archives de Tag: Salam

A Calais, le répit n’est pas permis

Mardi dernier, la préfecture du Pas-de-Calais a annoncé la fin du plan grand froid à Calais, synonyme de fermeture du local du BCMO où dormaient environ 200 migrants (principalement des Afghans, des Irakiens et des Kurdes). Le soir même, l’association Salam a distribué des tentes, offrant ainsi un abri sommaire aux migrants. Un certain nombre d’entre eux a choisi de s’installer devant le BCMO, en signe de protestation contre la fermeture de la salle et mais aussi par désarroi. La police ne l’a pas entendu de cette oreille, et a demandé aux migrants de ne pas rester en centre-ville, mais de retourner à la « jungle », contre l’assurance de les laisser tranquilles pour la nuit.

Un répit de courte durée, puisque la police est venue les déloger au petit matin et a emporté des tentes. Depuis plusieurs jours le même scénario se répète, obligeant des bénévoles de Salam à aller récupérer les toiles presque chaque jour au commissariat, voire même parfois, à la déchetterie.

Si les températures sont légèrement remontées au-dessus de zéro la semaine dernière, le froid persiste et la pluie mouille toutes les affaires des migrants. Samedi 23 janvier, Médecins du Monde a distribué 196 sacs de couchage et des bâches plastique pour isoler du sol.

Installation... Samedi 23 janvier, l'association Médecins du Monde a distribué des sacs de couchage aux migrants

Le lendemain matin, la police était à proximité du BCMO lorsque des bénévoles de Salam sont venus apporter du thé à la trentaine de migrants présents. Leur prise? un « butin » de trois tentes.

Un groupe de migrants devant le BCMO dimanche 24 janvier, au moment de la distribution du thé

Claire Debuyser

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans politique d'immigration, Sans papiers

Les fantômes de Calais

Des grues et des immenses conteneurs découpent le paysage. Aux pieds de ces géants de fer, des ombres passent. Ce soir encore, les migrants hanteront le port de Calais. Eux n’ont pas pu rejoindre l’Angleterre. Pas encore. Alors ils se rendent à la distribution mise en place par l’association Salam. Dans la file, quelques bousculades, mais surtout des boutades avec les bénévoles.

Sans un mot, j’observe la scène. Je n’ose pas encore aller vers eux. J’irai les voir après le repas, une fois les estomacs rassasiés et les esprits alertes pour répondre aux questions d’une étudiante en journalisme. Mais très vite, c’est eux qui viennent à moi. « Tu parles Français », me dit l’un d’eux par-dessus mon épaule. Dans la pénombre, je vois à peine son visage. Son Français est très approximatif. Je comprends qu’il est Afghan et âgé d’une vingtaine d’année. Je n’en saurai pas plus, la conversation s’arrête là.

Mais peu importe après tout. Pendant de longues minutes, il reste planter là.. rien qu’à m’observer. Dans son regard, je devine beaucoup plus qu’il ne m’apprendra jamais par la parole. La dureté de celui qui a vu la guerre, la fatigue du migrant après des semaines de voyages, la faim du SDF, la peur du clandestin traqué par la police. Mais aussi, le désir de séduction du jeune homme et la curiosité de l’étranger envers une jeune française. Ses yeux ne m’en diront pas plus ce soir, car ses amis l’appellent. Il doit rentrer avec eux dans unes des nouvelles « jungles » de Calais.

Le lendemain, je retourne à la distribution. De nouvelles têtes ont fait leur apparition dans la file. Ils sont si nombreux que j’ai du mal à retrouver ceux avec qui j’ai parlé la veille. Les bénévoles m’apprennent que certains sont passés en Angleterre. Mais ça n’est pas le cas de Gonoewez, l’Afghan aux yeux qui vous racontent tout. Cette fois encore, c’est lui qui m’a trouvée. Je décide alors d’immortaliser son regard à travers une photo. L.M.

1 commentaire

Classé dans Sans papiers

Et on dit que le délit de solidarité n’existe pas en France?

Jean-Claude Lenoir, vice-président de l’association Salam, qui aide les migrants à Calais, comparaissait  devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer ce matin, pour « outrage à dépositaire de la force publique« . Il est accusé d’avoir insulté des policiers qui procédaient à l’arrestation de réfugiés dans la « jungle » (aux abords de Calais) le 7 novembre dernier, ce qu’il nie. Ce n’est pas la première fois que ce militant se retrouve devant la justice.

Je vous invite à lire l’article de Libération Migrants à Calais: un bénévole en procès.

C.D.

Poster un commentaire

Classé dans justice