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Un charter pour l’Afghanistan semble imminent

C’est peut-être ce soir que neuf Afghans seront renvoyés par la France dans leur pays. Une soixantaine de personnes ont protesté hier contre ces expulsions, devant le centre de rétention de Coquelles (Pas-de-Calais), et plusieurs organisations d’aide aux migrants et personnalités politiques de gauche (telle que l’euro-députée Europe Ecologie Hélène Flautre) ont dénoncé ces retours forcés dans un pays en guerre; en vain semble-t-il. « A partir du moment où le premier charter est parti pour l’Afghanistan, ça devient encore plus difficile d’empêcher les autres« , déplore Sylvie Copyans, bénévole de Salam, à Calais.

D’après Thomas Prouteau, journaliste à RTL, un vol groupé franco-britannique va bien décoller ce mardi soir avec des clandestins afghans à son bord. Le vol est prévu à 22h30 au départ de Roissy-Charles-de-Gaulle avec une petite dizaine de migrants en situation irrégulière. Invité sur cette radio à confirmer ces expulsions, Claude Guéant a répondu: « Il y en aura sans doute dans les jours qui viennent. » L’Etat afghan n’a pourtant pas délivré de laissez-passer, nécessaires à tout renvoi dans le pays d’origine.

C.D.

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Un nouveau charter pour l’Afghanistan?

Depuis samedi, la Cimade sonne l’alerte et appelle à la mobilisation. D’après cette association, pour l’instant seule habilitée à intervenir dans les centres de rétention, un nouveau charter serait prévu mardi 15 décembre pour l’Afghanistan. Les Afghans concernés sont tous dans des centres de rétention situés dans le Nord: neuf à Coquelles (Pas-de-Calais), et deux à Lille.

Le 21 octobre dernier, un premier avion commun à l’Angleterre et à la France avait décollé pour Kaboul, avec vingt-sept Afghans à son bord, dont trois expulsés par la France. Leur demande d’asile avait été refusée par l’Ofpra. Les associations et plusieurs personnalités politiques (telle que Martine Aubry) avaient alors parlé du « charter de la honte ». Malgré la condamnation de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, opposé aux expulsions vers ce pays en guerre, Eric Besson serait donc sur le point de récidiver.

Cette fois-ci aucune certitude sur le fait que le charter prévu mardi soit un vol commun avec l’Angleterre. Pour l’heure, la Cimade a demandé au premier ministre François Fillon, via un communiqué,  d’intervenir « pour bloquer ces renvois ». Les associations de soutien aux migrants se mobilisent, particulièrement dans le Nord-Pas-de-Calais où les étrangers cherchant à passer en Angleterre ou demandeurs d’asile se comptent toujours par centaines, malgré le démantèlement de la « jungle » à Calais, le 22 septembre.

Claire Debuyser

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Dépasser les clichés dans les médias

  Immigrés=banlieues=violence, c’est une des équations récurrentes dans les médias depuis les années 1980.  Alors, comment changer les représentations que  les journaux donnent des immigrés? Comment couvrir l’immigration sans tomber dans les clichés? Ces questions étaient au coeur des débats de la conférence « Covering Immigration » organisée par la French-American Foundation ce week-end à Paris.

« Aux Etats-Unis, les questions d’immigration et d’intégration sont entendues comme faisant partie d’un processus. En France, c’est une perspective totalement différente. On traite l’immigration en termes de citoyenneté et d’identité nationale », analyse Susan Sachs, correspondante pour le quotidien canadien The Globe&Mail et professeur à Sciences Po Paris.

Il suffit d’ouvrir les pages des journaux, pour constater que l’immigration est souvent traitée en France comme un problème. Résultat: on se concentre sur des questions symboliques comme le sentiment d’être Français, ou encore la part de travailleurs sans-papiers.  Et on oublie de parler des autres : l’écrasante majorité des immigrés arrivés légalement sur le territoire. Ainsi, on ne traite jamais des avantages économiques et culturels que l’immigration peut apporter au pays d’acceuil.

Une des pistes pour expliquer cette différence de traitement réside peut-être dans les méthodes de travail des journalistes.

  •  Comme la plupart de ses confrères nord-américains, Susan Sachs fait appel à des « fixeurs » de la communauté étrangère. Journalistes du Bondy Blog et membres du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) lui ont par exemple déjà servi de guides pour ses reportages en banlieues.

 

  • Côté Français, on se refuse à utiliser des intermédiaires. Cécilia Garzon, journaliste au Figaro, se rend en banlieue toute seule…mais discrètement. La première fois qu’elle a dû entrer dans la Cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, elle s’est fait passer pour « une étudiante brésilienne qui préparait un livre sur la banlieue ». Elle justifie son mensonge par la mauvaise image des journalistes dans les banlieues:

  » Il y a tellement d’agressivité envers que les médias que ça devient très dur de travailler là-bas, il faut sans arrêt entrer dans un travail d’explication avec les gens. Si j’avais été d’un journal de gauche, ça aurait été exactement la même chose. »

S’il est sincère et courageux, son témoignage pose néanmoins quelques questions. « Ca n’est pas éthique! », ont lancé certains confrères lors de la conférence.

  • Alors, des deux méthodes, la nord-américaine est-elle celle que l’on doit préférer? Peut-être. Certes, les « intermédiaires » ont toujours un certain point de vue sur la réalité, ils montrent au journaliste ce qu’ils ont envie de lui faire voir. Mais, comme le souligne Susan Sachs, si le  journaliste en est conscient et qu’il croise ses sources, alors la déontologie sera respectée.

Lydie Marlin

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L’ immigration, une chance pour le développement des pays du Nord

L’immigration est souvent perçue en France comme un problème. Les immigrés manquent d’intégration plaident certains, il n’y a pas assez de travail pour tous et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde diront d’autres. Les politiques répressives du gouvernement incitent d’ailleurs à penser en ce sens. « La France cible des passeurs », répète à l’envi Eric Besson pour justifier le renvoi des migrants afghans dans leur pays en guerre. Le discours est si bien rodé que nos oreilles ne font même plus la différence entre clandestins, demandeurs d’asile, réfugiés et immigrés. Le cliché d’une « invasion » est bien tenace. 

Des idées reçues que tente de déconstruire le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) les Nations-Unies dans son rapport 2009 intitulé « Lever les barrières : mobilité et développement humains ».

 Il montre d’abord que les migrations Sud-Nord sont minoritaires. Si chaque année, « plus de 5 millions de personnes franchissent des frontières internationales pour aller vivre dans un pays développé, ils sont bien davantage à migrer vers un pays en développement ou à se déplacer dans leur propre pays ».

 La migration profite même au pays d’accueil. « Il n’existe aucune preuve d’impacts négatifs de l’immigration sur l’économie, le marché du travail ou le budget, alors que les bénéfices ne sont plus à démontrer dans des domaines comme la diversité sociale et la capacité d’innovation. ». L’immigration, affirme le rapport, accroît l’emploi, et à court terme, la croissance démographique augmente le PIB réel par habitant. Elle sera même nécessaire sous l’effet du vieillissement démographique : la population en âge de travailler va fondre de 23% entre 2010 et 2050 en Europe.

 Voilà des arguments de poids pour faire évoluer les consciences et peut-être un jour, espérons-le, changer les politiques anti-migratoires.

L.M. (avec Le Monde)

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Marseille vote « Boutef »

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 « Mon président, c’est Bouteflika ! Et je n’ai pas l’intention d’en changer. » Evoquez l’élection présidentielle algérienne et, aussitôt, les yeux d’Hassel s’illuminent. Le vieil homme à la barbe finement taillée sous un bonnet noir et blanc a beau vivre à 800 kilomètres d’Alger, le scrutin du 9 avril le captive. Il en est convaincu : son héros, Abdelaziz Bouteflika, président de l’Algérie depuis 1999, sera reconduit dans ses fonctions pour la troisième fois. Au milieu de ses boîtes de conserves, cet épicier de la rue Longue, près de la Canebière, désigne fièrement le portrait du chef de l’Etat algérien, à la place d’honneur sur le mur de son échoppe, à côté de celle de « Zizou ».

Comme Hassel, environ 70 000 Algériens sont inscrits sur les listes électorales du consulat de Marseille, qui couvre les départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse. Ces immigrés suivent de près la campagne présidentielle de leur terre natale, là-bas sur l’autre rive.

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Hassel dans son échoppe nous montre ses cartes du FLN et d’électeur

A quelques jours du scrutin, les chalands du marché de Noailles entonnent sans cesse le même refrain sur fond de musique orientale: « Boutef, Boutef ». Ici, sa réélection ne fait aucun doute. « A Marseille, huit Algériens sur dix votent pour lui », assure Bessa Djamel, 55 ans, agent de sécurité sur le port autonome.  « Il recueillera entre 85 et 90% des voix », prédit même Farida Gaoua, membre de l’association « Elles, femmes de Picon », qui en redemande. « Bouteflika a apporté la paix. Quand je retourne au pays, je vois les résultats, explique le maraîcher Kamel Nasser. Dans les années 1990, on n’y mettait pas les pieds à cause du terrorisme. Aujourd’hui, grâce au président sortant, on peut faire la fête le soir sans craindre d’être assassiné ».

Soutien inconditionnel, Azzedine Toumi bat la campagne depuis deux mois. Son discours est bien rôdé.  « Premier mandat : Abdelaziz Bouteflika  s’est attaqué à la paix.  Deuxième mandat : il a résolu les problèmes économiques en réduisant la dette et en construisant des universités et des logements. Troisième mandat : on continue le programme! »

 

Poursuivre « l’œuvre » du président âgé de 72 ans, c’est aussi l’objectif du comité Algériennes de France. Tous les mardis après-midi, les représentantes d’une dizaine d’associations féminines se retrouvent dans leur QG du cours Julien, un quartier populaire. « Abdelaziz Bouteflika  a vécu vingt ans à l’étranger comme nous, donc il comprend les préoccupations des expatriés », martèlent ces dames pour justifier leur engagement politique. Dans un coin de la pièce, un petit guéridon sert d’autel pour le « culte » du chef de l’Etat algérien. Au-dessus, un grand panneau récapitule les actions menées dans chaque quartier de la ville : tractages dans les marchés, soirées festives, grands meetings. Sans oublier le porte à porte. « J’appelle ça le téléphone arabe », plaisante Kheira Naman, présidente du comité.

Malgré sa petite taille, cette femme à poigne de 58 ans en impose. Militante du FLN depuis vingt-cinq ans, elle reconnaît que la modification de la constitution permettant à Bouteflika de solliciter un troisième mandat « n’est pas vraiment démocratique ». « Mais s’il faut en passer par là, on l’accepte de bon cœur », ajoute-t-elle aussitôt. Car « Bouteflika a permis aux femmes mariées avec un étranger de transmettre la nationalité algérienne à leurs enfants ».

 

A Marseille – où les bureaux de vote sont ouverts depuis le 2 avril – comme à Alger, le véritable enjeu du scrutin est la participation. Pour inciter les électeurs à se rendre aux urnes, le consulat a dégainé une grande campagne d’information et de mailings. Un peu partout, depuis la Canebière jusqu’aux quartiers Nord, des petites affiches invitent les Algériens à se mobiliser pour leur pays. Avec pour argument choc : « Voter, c’est exister ».

Le collectif Algériennes de France se réunit pour organiser la campagne de Bouteflika dans chaque quartier de Marseille

Le collectif Algériennes de France se réunit pour organiser la campagne de Bouteflika dans chaque quartier de Marseille

Le consul sait que certains n’ont pas l’intention d’ « exister ». « Comme d’habitude, beaucoup ne se déplaceront pas. La communauté n’a pas la culture du vote » regrette Abderrahmane Ghoul, vice-président du Conseil régional du culte musulman de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Les quadragénaires ont tourné le dos aux affaires algériennes. « Je devrais participer, mais je ne pense rien de la politique », confie Kader Bekkar qui travaille pourtant dans la coopération internationale. « C’est plutôt aux Algériens d’Algérie de voter et pas à nous », estime-t-il.

Les plus radicaux des anti-Bouteflika, eux, boycottent le scrutin. Pour ces derniers, les dés sont pipés et les jeux sont déjà faits. « C’est toujours la même chanson. Pour moi, Bouteflika président à vie, ce n’est pas la démocratie », juge ce boucher du centre ville qui souhaite rester anonyme. Omar Kadri, membre de l’Association culturelle berbère, fustige, quant à lui, les manœuvres du président algérien.

 

Mais s’opposer au faiseur de paix est plutôt mal vu. Un voisin à l’oreille tendue n’étant jamais loin, mieux vaut dire en public qu’on votera « Boutef ». Car dans une communauté qui a vécu sous la terreur durant toute la décennie 1990, le contrôle social est toujours de mise. La confiance en celui qui a réussi à lui seul à débarrasser le pays du terrorisme en dix ans, ne se discute pas. Quitte à lui pardonner son autoritarisme

 Face à la machine Bouteflika, il est bien difficile pour l’opposition d’exister. Les autres candidats ne disposent d’aucun comité de soutien. Le consulat n’a distribué aucun programme, ni de Bouteflika ni d’aucun autre candidat. Pour s’informer, la diaspora doit compter sur la télévision. « On regarde Canal Algérie 3 » raconte Hammoud Ali. Or, Canal Algérie est une chaîne publique. Ce chômeur de 37 ans n’est capable de citer aucun nom de candidat, à part celui de Bouteflika.

 L.M.

 

 

 

 

 

 

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Documentaire: des Sénégalais parlent de leur désir de partir

« Ils refusent de nous donner les visas. Eux, ils entrent et sortent d’Afrique comme ils veulent », s’insurge Malal, un jeune Sénégalais.

Le film « Dam walla dee », réalisé par le Chilien Rodrigo Saéz, à l’initiative du Comité  pour l’annulation de la dette de pays du tiers monde de Grenoble, donne la parole à des Sénagalais qui expliquent que, pour eux, c’est « partir ou mourir ».  (voir notre post sur ce ciné-débat qui avait lieu à l’espace MACAQ à Paris)

Des accords de pêche existent entre l’Union européene et le Sénégal depuis 1979, permettant aux bateaux européens de pêcher dans les eaux sénégalaises, en échange d’une compensation financière.  Mais le poisson se raréfie et les pirogues ne peuvent pas aller toujours de plus en plus loin pour pêcher.

L’agriculture est une autre activité importante du pays. Le plan REVA (plan de retour vers l’agriculture) prévoit une aide pour encourager les paysans  à produire. Mais le marché sénégalais est envahi de produits européens, subventionnés et donc moins chers.

Ces conditions poussent de nombreux jeunes à imaginer leur avenir ailleurs, en Europe, en particulier en Espagne ou en France. Dans le film, un homme témoigne: « Pour payer le voyage, les gens vendent leur matériel d’agriculture, de pêche ou alors c’est leurs mères qui s’endettent ».

Après la mort en 2006 de son fils unique au cours du périple qui devait le mener en Europe,  Yayi Bayam Diouf a créé le Collectif des femmes pour la lutte contre l’immigration clandestine. Elle demande aux mères de ne plus financer le voyage de leurs enfants et incite les jeunes à envisager leur avenir au Sénégal.

Reste qu’avec 48% de la population active au chômage en 2007, le désir -ou le besoin- de partir reste tenace. « Aucune barrière, aucun visa ne pourra les arrêter. Les jeunes iront là où il y a à manger, là où il y a des richesses », conclut un autre homme, un peu plus âgé.

Claire Debuyser

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En Italie, la Ligue du Nord veut priver les sans-papiers de soins

En Italie, tous les moyens sont bons pour lutter contre l’immigration clandestine. Jusqu’à présent, un article de loi garantissait l’accès aux soins pour les immigrés en situation irrégulière. La Ligue du Nord veut le supprimer et demander aux médecins de refuser de soigner les sans-papiers.
« Médecins sans frontières » a manifesté aujourd’hui à Rome pour protester contre cette réforme.

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