Archives de Catégorie: Culture

Le festival migrant’scène: deux semaines pour échanger sur les migrations

Le festival Migrant’scène de la Cimade débutera samedi 14 novembre. Pendant deux semaines, l’association propose des « regards croisés sur les migrations » à travers des témoignages, des conférences, du théâtre, de la danse…

Ce festival existe depuis dix  ans dans la région Sud-Ouest et depuis quatre ans en Ile-de-France. Il est désormais national, et si le programme se veut cohérent, chaque région aborde des thématiques qui la concernent plus directement. Ainsi l’Ile-de-France, région qui accueille le plus de réfugiés politiques, consacrera une large place au droit d’asile.

C.D.

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Classé dans Culture, politique d'immigration, Sans papiers

Le président de Salam soutient le réalisateur de « Welcome »

La polémique autour du film « Welcome », née entre le réalisateur Philippe Lioret et le ministre de l’Immigration Eric Besson, ne s’éteint pas. Dans une interview accordée à l’AFP, Jean-Claude Lenoir, président de l’association Salam, qui vient en aide aux migrants à Calais (Pas-de-Calais), accuse le ministre de l’Immigration de « polémiquer » pour « salir » le film de Philippe Lioret, qui est sorti mercredi dernier.

« Besson est très fort, il polémique pour détourner l’attention. Il a voulu salir le film en déformant les mots de Philippe Lioret. On verra dans un siècle comment seront jugés les gazages, les matraquages quotidiens, par la société et les historiens. Il n’est pas question de comparer les Juifs et la Shoah avec la situation des migrants de Calais. Par contre, traquer les bénévoles, la dénonciation, les indics, c’est un système qu’on ne devrait plus voir. Ces mécanismes peuvent rappeler de troubles périodes, mais il ne faut pas en rajouter« , a déclaré le bénévole associatif.

L’engagement militant de Jean-Claude Lenoir, co-fondateur de Salam, lui a déjà valu trois procès. Pourtant il existe une forme de tolérance à Calais vis-à-vis de ceux qui viennent en aide aux migrants. Certains préféreront peut-être parler d’hypocrisie. Lundi dernier, Jean-Claude Lenoir témoignait dans Le Monde: « A gauche comme à droite, ils sont d’accord sur ce point : le plus important c’est que cela ne se voit pas« .

Claire Debuyser

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« Welcome » : pas le bienvenu chez Besson!

Un film peut-il changer la loi? C’est en tout cas ce qu’espère Vincent Lindon, héros du film « Welcome« , consacré à l’immigration clandestine. Dans une interview au Parisien du samedi 7 mars, l’acteur s’est élevé contre un article de loi qui dispose que toute personne venant en aide à une personne en situation irrégulière est passible de 5 ans de prison. Et de souhaiter que son film « puisse contribuer à changer la loi ».

Vincent Lindon incarne dans le film de Philippe Lioret un maître-nageur de la piscine de Calais qui, pour reconquérir sa femme, décide d’aider un jeune réfugié kurde à traverser la Manche à la nage. « Welcome » met le doigt sur la cruelle réalité de l’actuelle politique d’immigration: des clandestins prêts à tout, même à la mort, pour de meilleures conditions de vie; des hommes et des femmes qui dans l’ombre de la loi acceptent de prêter leur canapé le temps d’une nuit…mais qui pour ce seul geste de solidarité peuvent se retrouver derrière les barreaux.

Si le film n’a pas encore réveillé le législateur, il a au moins déclenché un débat ce weekend. Hier, le ministre de l’Immigration Eric Besson a déclaré que Philippe Lioret avait « franchi la ligne jaune » en assimilant, dans une interview à la Voix du Nord, les clandestins aux juifs pourchassés sous l’Occupation. « Suggérer que la police française c’est la police de Vichy, que les Afghans sont traqués, qu’ils sont l’objet de rafles, etc., c’est insupportable », a-t-il insisté.

Sortie de « l’objet du scandale » : le 11 mars.

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« Dem walla dee »: ciné-débat sur le Sénégal mercredi 28 janvier

Mercredi 28 janvier à 20h, l’espace Macaq diffuse un documentaire sur les Sénégalais qui choisissent de quitter leur pays. Voici le synopsis de  « Dem walla dee » : 
 
A partir des récits poignants des traversées que nous livrent ceux qui
 ont choisi d’émigrer du Sénégal et leurs proches, le film « Dem walla dee »
(Partir ou mourir) nous fait découvrir les conditions de vie de ceux qui veulent partir et dénoncent leur gouvernement qui, après les avoir
rapatriés, les abandonne à leur sort.
La projection sera suivie d’un débat en présence d’Olivier Chantry (Comité
 pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde), pour aborder les
 problématiques liées à ces modèles de développement imposés.
 

Pratique. Espace MACAQ: 123, rue de Tocqueville (Paris 17)  http://www.macaq.org

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Les étrangers de France et d’Allemagne s’exposent à la Cité de l’immigration

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Racisme, mauvaises plaisanteries sur leurs habitudes, regards suspicieux…Quelle que soient les époques, les immigrés ont toujours disposé d’un statut d’exception dans la société. En comparant les histoires allemande et française, l’exposition « A chacun ses étrangers ? » à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration engage habilement cette réflexion sur l’Autre.

 

Un Autre qui suscite la méfiance. Ca commence par des caricatures dans des journaux populaires : le Juif au long nez qui veut prendre votre argent ou la « tsigane qui attaque une fermière » dans Le Petit Journal en 1905. Puis, c’est l’Etat qui s’en mêle. Soit il contrôle : là où l’Allemagne adopte un principe de la nationalité fondé sur le critère ethnique, la France choisit en 1912 d’identifier les nomades en rendant obligatoire le carnet anthropométrique. Soit il exclut : dès 1883, l’Etat allemand interdit aux « gitans étrangers » de séjourner sur son territoire. L’extrême est atteint sous l’Allemagne nazie avec la déportation et l’extermination des Juifs.

 

Ces pratiques ont contribué à figer les représentations dans le temps. Depuis les années 1980, les manifestations d’antisémitisme ont repris. De même, l’image du tirailleur sénégalais sur les boîtes de Banania, est resté comme le symbole de la France coloniale. Ces immigrés, dont près de 480 000 coloniaux qui ont servi l’armée française, on en a un peu trop vite oublié l’importance. Ainsi du groupe Manouchian, des combattants étrangers de la résistance communistes qui furent exécutés par le régime de Vichy en 1944.

 

Pourtant il arrive que l’image stéréotypée de l’étranger change au fil du temps. Dans les années 1880, la presse populaire comme L’Assiette au beurre caricaturait volontiers « l’ennemi anglais » : un regard narquois, un nez épaté et la pipe en bouche masquée par de longues moustaches noires, l’Anglais est présenté en costume traditionnel à carreaux. Et puis patatras. C’est la guerre. Le voisin d’outre-manche devient soudain « l’allié courageux ». Fort et vigoureux.

 

Anglais, Italiens, Belges, Polonais et Juifs auparavant, les étrangers d’aujourd’hui sont Arabes et Africains. Bien utiles quand le pays manque de main-d’œuvre, à l’image de Armando Rodrigues de Sà, le millionième « travailleur invité » (Gastarbeiter) accueilli dans les années 1960 en Allemagne avec une mobylette en cadeau de bienvenue. Mais l’immigré est aussi très vite dénigré et stigmatisé. Quand c’est la crise, c’est pire : l’étranger dérange. Alors on lui demande poliment de s’en aller comme l’a fait Valéry Giscard d’Estaing à partir de 1977 en tentant une politique de retour au pays.

 

Au final, l’exposition renvoie les sociétés allemande et française face à leurs contradictions. Malgré la valorisation de la France black-blanc-beur de 1998 ou de l’Allemagne multiculturelle, les stéréotypes refont surface avec les attentats du 11 septembre comme le montrent les Unes du Nouvel Obs, du Point et du Spiegel. Toutes reprennent l’association « immigré-islamiste-terroriste-banlieue ». Un exemple qui nous montre tout le chemin qui reste à parcourir. Pour que les sociétés occidentales se regardent enfin dans le miroir…et s’acceptent comme elles sont.

 

L.M.

Pratique. « A chacun ses étrangers ? France-Allemagne de 1871 à aujourd’hui » à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, jusqu’au 19 avril 2009. Métro Porte Dorée. Tarif plein : 5 euros. Tarif réduit : 3,50 euros.

http://www.histoire-immigration.fr/index.php?lg=fr&nav=591

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L’expo « A chacun ses immigrés » en photo

Cité nationale de l'histoire de l'immigration2
 

 

Le rescensement des nomades est obligatoire dès 1912

Le rescensement des nomades est obligatoire en France dès 1912

 

 

Le Grelot, caricature des travailleurs belges qui représentent l'essentiel de l'immigration à la fin du XIXe siècle, 4 sept 1892 (fac-similé)

Le Grelot, caricature des travailleurs belges qui représentent l'essentiel de l'immigration à la fin du XIXe siècle, 4 sept 1892 (fac-similé)

des critères pseudo-scientifiques sont élaborés par les anthropologues qui participent à la diffusion du racialisme

Nuancier de couleur: des critères pseudo-scientifiques sont élaborés par les anthropologues qui participent à la diffusion du racialisme

la colonisation élargit les représentations sur l'étranger

Affiche de l'exposition coloniale Marseille, 1906: la colonisation élargit les représentations sur l'étranger

 

 

L'antisémitisme des années 1880 nourrit les stéréotypes sur les juifs (fortune, caractéristiques physiques,...). L'affaire Dreyfus en 1899 divise la France en deux. En Allemagne, elle génère un sentiment anti-français et anti-républicain.

L'antisémitisme des années 1880 nourrit les stéréotypes sur les juifs (fortune, caractéristiques physiques,...). L'affaire Dreyfus en 1899 divise la France en deux. En Allemagne, elle génère un sentiment anti-français et anti-républicain.

on compte près de 480 000 coloniaux dans l'armée française. Le tirailleur sénégalais sur les boîtes Banania reste dans les mémoires.

Pendant la Première guerre mondiale, les colonies fournissent un réservoir humain : on compte près de 480 000 coloniaux dans l'armée française. Le tirailleur sénégalais sur les boîtes Banania reste dans les mémoires (affiche publicitaire, 1917).

Magazine satirique allemand Kladderadatsch sur les soldats coloniaux dans l'armée française, 23 juillet 1916. Même après guerre, les journaux allemands continuera cette stigmatisation des coloniaux dans l'armée française qui occupe la Ruhr.

Magazine satirique allemand Kladderadatsch sur les soldats coloniaux dans l'armée française, 23 juillet 1916. Même après guerre, les journaux allemands continuent cette stigmatisation des coloniaux dans l'armée française qui occupe la Ruhr.

En février 1944, 23 membres du groupe Manouchian, résistants étrangers communistes , sont exécutés par le régime de Vichy. Après guerre, l'opinion transformera ces terroristes en héros morts pour la France.

En février 1944, 23 membres du groupe Manouchian, résistants étrangers communistes , sont exécutés par le régime de Vichy. Après guerre, l'opinion transformera ces terroristes en héros morts pour la France.

Le film Toxi en 1951 raconte l'histoire d'un enfant de l'Occupation rejetée par ses proches et finalement ramenée aux Etats-Unis par son père africain-américain. Il reflète la réalité d'après guerre en Allemagne. Victimes de discriminations, les métis, enfants de soldats américains finissent par émigrer aux USA.

Le film Toxi en 1951 raconte l'histoire d'un enfant de l'Occupation rejetée par ses proches et finalement ramenée aux Etats-Unis par son père africain-américain. Il reflète la réalité d'après guerre en Allemagne. Victimes de discriminations, les métis, enfants de soldats américains finissent par émigrer aux USA.

 

 

 

A partir des années 1950, l"Allemagne de l'Ouest recrute des "travailleurs invités" (Gastarbeiter) pour la reconstruction du pays. En 1964, Armando Rodrigues de Sà devient le millionème Gastarbeiter. Il reçoit une mobilette comme cadeau de bienvenue. Il est icône de ces travailleurs victimes de discriminations.

A partir des années 1950, l"Allemagne de l'Ouest recrute des "travailleurs invités" (Gastarbeiter) pour la reconstruction du pays. En 1964, Armando Rodrigues de Sà devient le millionème Gastarbeiter. Il reçoit une mobilette comme cadeau de bienvenue. Il est icône de ces travailleurs victimes de discriminations.

La crise des années 1980 amplifie les actes de xénophobie. Les associations allemandes reprennent le slogan anti-raciste "Touche pas à mon pote" dans les manifestations.

La crise des années 1980 amplifie les actes de xénophobie. Les associations allemandes reprennent le slogan anti-raciste "Touche pas à mon pote" dans les manifestations.

Après le 11 septembre, la presse reprend les stéréotypes sur les étrangers. L'association "jeunes=banlieues=immigrés=islamistes" est dans tous les journaux.

Aujourd'hui encore, la presse reprend les stéréotypes sur les étrangers. L'association "banlieues=immigrés=islamistes" est dans tous les journaux à la suite des attentats du 11 septembre 2001 et des émeutes dans les banlieues en 2005

Gerald Asamoah, joueur de l'équipe nationale né au Ghana et naturalisé Allemand en 2001, essuie des insultes racistes répétées. Le magazine de football 11 Freunde publie un portrait de lui avec la peau claire et les yeux bleus sous le titre "C'est mieux comme ça?"

Gerald Asamoah, joueur de l'équipe nationale né au Ghana et naturalisé Allemand en 2001, essuie des insultes racistes répétées. Le magazine de football 11 Freunde publie un portrait de lui avec la peau claire et les yeux bleus sous le titre "C'est mieux comme ça?"

Contrat d'accueil et d'immigration, symbole de la politique d'immigration française en 2008-2009

Contrat d'accueil et d'immigration, symbole de la politique d'immigration française en 2008-2009

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