Archives mensuelles : juillet 2009

Cercle du silence: la mobilisation continue à Roubaix pendant l’été

Comme chaque dernier mardi du mois, militants et citoyens se sont rejoints hier sur la Grand’Place de Roubaix pour former un cercle du silence. Depuis plus d’un an, ils dénoncent les conditions d’enfermement des étrangers dans les centres de rétention.

cercle du silence à Roubaix, mardi 28 juillet

cercle du silence à Roubaix, mardi 28 juillet

Le cercle du silence est un mode de protestation initié en octobre 2007 par les frères franciscains à Toulouse pour dénoncer l’enfermement des étrangers en situation irrégulière dans les centres de rétention. Par leur action, ils entendaient saluer les associations de terrain et, surtout, lancer un appel pour qu’émergent des solutions plus respectueuses de l’être humain que ces centres. Depuis, ce mode de protestation a été repris par des militants de la cause des sans-papiers et des cercles du silence sont régulièrement organisés dans quatre-vingt villes de France.

cercles de silence organisés en France

cercles de silence organisés en France

A Roubaix, l’initiative est portée depuis un peu plus d’un an par la Pastorale des migrants, un «service de l’Eglise qui essaye de veiller au bien-être de tous les citoyens dans la société, sur la base de l’accueil», explique le père Gérard De Riemaecker.

Une trentaine de personnes – principalement des militants, mais aussi des citoyens qui veulent apporter un soutien ponctuel aux sans-papiers – se sont réunies comme chaque dernier mardi du mois, dans le silence, de 18h30 à 19h30. Un peu moins que d’habitude pour cause de vacances d’été.  » C’est une façon de protester contre les conditions d’enfermement et d’éloignement » , répond Immaculée, salariée au Secours catholique et militante, à deux passantes curieuses. A l’origine, c’est un cercle de prière mais pas seulement, « pour la simple et bonne raison que toutes les personnes présentes ne sont pas croyantes. La symbolique qu’on partage c’est le silence », poursuit Immaculée.

L'abbé Gérard De Riemaecker explique la démarche à une passante
L’abbé Gérard De Riemaecker explique la démarche à une passante

La mobilisation n’a pas vocation à s’arrêter tout de suite. L’abbé Gérard De Riemaecker est catégorique: « Tant que les choses ne bougeront pas, ça ne s’arrêtera pas« .

Claire Debuyser
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Le « paquet sécurité » adopté par le sénat italien: une loi discriminatoire?

Le Sénat italien a adopté hier ( jeudi 2 juillet) un « paquet sécurité » , qui crée notamment un délit d’immigration clandestine puni d’une amende de 5 000 à 10 000 euros, assortie d’une expulsion immédiate.

Le 29 juin, Amnesty International publiait un billet sur son site enjoignant le Sénat à rejeter le projet de loi: 

« Ce projet de loi, dit « paquet sécurité », qui a été approuvé par la Chambre des députés le 14 mai 2009, contient des dispositions qui limiteraient fortement les droits des migrants et des demandeurs d’asile et en introduit d’autres qui semblent discriminatoires et risquent d’affecter de manière disproportionnée les Roms et les Sintis ».

 

Amnesty International est particulièrement préoccupée par les dispositions du projet de loi qui :

  • érigent en délit l’immigration clandestine ;
  • privent de droits des personnes vulnérables au motif qu’elles n’ont pas de titre de séjour régulier ou ne figurent pas sur certains registres ;
  • permettent la constitution de groupes de citoyens autorisés par les mairies à effectuer des rondes.

Selon l’ONG, le délit d’immigration clandestine oblige les fonctionnaires et autres personnes chargées d’un service public (médecins, enseignants et employés municipaux) à dénoncer les migrants clandestins à la police, faute de quoi ils s’exposeront à des poursuites pénales.

Par ailleurs, la loi rend obligatoire la présentation du permis de séjour ou du passeport pour déclarer la naissance d’un enfant. Le séjour des clandestins dans les centres de rétention pourra être prolongé jusqu’à six mois (deux mois actuellement), afin de permettre leur identification en vue de leur expulsion.

Amnesty International dénonce la disposition du projet de loi relative au séjour et à l’enregistrement:

« Toutes les personnes sans domicile fixe, de même que celles vivant dans des habitations délabrées ou dans des caravanes, seront rayées des registres des habitants des communes. Or, toute personne, pour avoir accès aux services de santé, d’aide sociale, d’éducation et de logement social à l’endroit où elle vit, doit être inscrite sur de tels registres. Les habitations délabrées hébergeant majoritairement des immigrés clandestins et les caravanes des Roms et des Sintis, la mise en œuvre de la loi risque d’entraîner une discrimination indirecte ».

Enfin, le projet légalise les rondes citoyennes voulues par le parti anti-immigrés de la Ligue du Nord, principal allié de M. Berlusconi. L’ONG craint la « constitution de milices d’auto-défense« .

La loi adoptée hier par le sénat risque d’être dicriminatoire et de porter atteinte aux droits fondamentaux de certaines catégories de population.  Si bien que la Commission européenne a annoncé qu’elle souhaitait examiner les mesures de ce  « paquet sécurité » (lemonde.fr). Jacques Barrot, commissaire à la justice, veut vérifier leur « compatibilité » avec le droit communautaire, avertissant que « des règles d’expulsion automatique pour des catégories entières ne sont pas acceptables ».

C.D.

 

 

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