Archives mensuelles : juin 2009

Et on dit que le délit de solidarité n’existe pas en France?

Jean-Claude Lenoir, vice-président de l’association Salam, qui aide les migrants à Calais, comparaissait  devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer ce matin, pour « outrage à dépositaire de la force publique« . Il est accusé d’avoir insulté des policiers qui procédaient à l’arrestation de réfugiés dans la « jungle » (aux abords de Calais) le 7 novembre dernier, ce qu’il nie. Ce n’est pas la première fois que ce militant se retrouve devant la justice.

Je vous invite à lire l’article de Libération Migrants à Calais: un bénévole en procès.

C.D.

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No comment

Voici une vidéo édifiante sur une expulsion tournée à l’aéroport de Madrid en caméra amateur que j’ai découvert sur le site LaTéléLibre.fr. La séquence est longue, mais les réactions sont très intéressantes à écouter jusqu’au bout. Difficile en effet pour les passagers de rester indifférents à une telle situation. Je n’en dis pas plus.

Cette vidéo a été tournée à la volée par Lamine Mbengue, un réalisateur-comédien-chanteur franco-sénégalais que Citizen Nantes a pu interviewer.

L.M.

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Curiosité

Un blog tout nouveau (mais pas très alimenté) qui propose pour l’instant deux illustrations satiriques sur l’immigration en France: « La Garde à vue ».

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Témoignage: des parents sans papiers et une identité multiple

« Officiellement mon père n’existe pas », confie Weiye. Pour l’administration, Wong, est Cambodgien. Pourtant c’est bien Hong-Kong qu’il a quitté en 1980, laissant sa femme enceinte au pays.  Trop pauvre pour subvenir aux besoins de sa famille, il fait le choix d’émigrer. Venu à Paris avec un passeport hongkongais, c’est avec de faux papiers cambodgiens qu’il reste. « Il connaît des gens haut placés au Cambodge qui lui permettent d’acheter ces passeports ».  Aujourd’hui il en est à son quatrième passeport cambodgien, qui doit expirer dans un an. Pas sûr que l’administration reste dupe très longtemps. Une situation inextricable pour Wong, qui lui fait craindre la police. « Ça ne le lâchera jamais tant qu’il ne rentrera pas en Chine. C’est devenu une phobie pour lui de passer la douane », explique Weiye.

Les débuts en France sont difficiles. Sans logement fixe, il lui arrive de dormir dans la salle du restaurant dans lequel il travaille, et « toute la journée il vadrouillait dans la ville, car il n’avait nulle part où aller ». Il retrouve la stabilité six ans plus tard, lorsque Weiye, son petit-frère et leur mère le rejoignent.  Mais  administrativement ils ne forment pas une famille.  Weiye et son frère sont élevés sous tutorat de leur tante, qui obtiendra la nationalité française en 1996 ; la mère arrive avec un visa touristique et ne sera jamais régularisée. Résultat : elle passe 19 ans en France dans la clandestinité. Ce qui ne l’empêchera pas de travailler en cuisine avec son mari.

« Citoyen du monde »

La famille ouvre un restaurant dans une petite ville du Val-d’Oise. Contrairement aux autres Chinois exilés qui vivent en communauté, les amis de Weiye sont Français : « Ils ne pouvaient pas comprendre comment on vivait, impossible chez moi de découcher par exemple». A la maison on ne parle que le cantonais. Les difficultés de Weiye en français le poursuivront durant toute sa scolarité. « J’étais très fort en maths et mauvais en français ». La filière S s’impose. Au-delà de la langue, les différences culturelles vont se révéler être un facteur déterminant pour la suite de sa carrière. Après le lycée, il ressent des lacunes en culture générale. Chez lui, on ne parle jamais de la Bible,  ni de politique.  Il s’oriente vers l’informatique, alors qu’il aurait « carrément choisi un métier artistique ». Son truc, « créer des histoires ».

Entre deux cultures depuis toujours, Weiye ne se sent ni Français, ni Chinois. « Les autres Chinois qui vivent ensemble font des karaokés le soir, moi je vais au bowling ». Lui préfère se dire « citoyen du monde». Le jeune homme de 29 ans n’a pas perdu tout lien avec sa région natale. Il rend régulièrement visite à sa mère, rentrée à Hong-Kong en 2005. Hong-Kong, ville du « mélange entre l’Occident et la Chine », là où Weiye se sent le mieux. D’ailleurs, l’informaticien vit en France avec un titre de séjour français, un passeport britannique d’Outre-mer et une carte d’identité chinoise, rétrocession de Hong Kong en 1997 oblige.

Il a bien essayé d’obtenir la nationalité française. Mais face aux méandres de l’administration, il s’est vite découragé. Queue interminable devant la préfecture, demandes de pièces justificatives à n’en plus finir, « on vous fait passer Koh-Lanta avant de vous donner des papiers ! ». Des galères administratives qui ne l’ont jamais empêché d’avoir une vie normale : « Finalement, j’ai ressenti très peu de racisme latent ». Aujourd’hui, comme tant d’autres, il doit s’imposer dans son travail, « pas en tant qu’étranger, mais en tant que jeune ».

Lydie Marlin et Claire Debuyser

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