Archives mensuelles : avril 2009

Eric Besson veut fermer « la jungle » à Calais

Le minisre de l’Immigration, Eric Besson, était à Calais aujourd’hui. Lors de sa précédente visite en janvier, il avait promis de revenir avant le 1er mai; « promesse tenue » a salué Natacha Bouchart, maire (UMP) de Calais.

Natacha Bouchart a demandé l’aide de l’Etat, rappelant les difficultés économiqes de Calais et que « la présence massive de migrants pénalise la commune ». Le ministre a assuré que le gouvernement aiderait la ville : huit millions d’euros lui seront consacrés dans le cadre de la relance économique.

Le ministre était surtout présent pour apporter une réponse au problème des migrants, de plus en plus nombreux à Calais depuis un an. Sa principale annonce a été de déclarer que la « jungle » serait démantelée « avant la fin de l’année 2009 ». La « jungle » est un campement situé dans la zone industrielle des Dunes, à Calais, où vivraient environ 500 migrants. Un véritable petit village organisé.  Mais cela pourrait n’être qu’un effet d’annonce, tant il paraît compliqué d’empêcher l’installation d’un autre campement un peu plus loin… D’ailleurs, à propos de la fermeture annoncée de la « jungle », le directeur central de la Police aux Frontières a lâché devant les journalistes: « Ce n’est pas parce que ça ne suffira pas, qu’il ne faut pas le faire ».

Le ministre a voulu faire preuve de fermeté vis-à-vis de l’immigration clandestine, et surtout à l’égard des réseaux de passeurs. Il a expliqué avoir demandé à la préfecture de « mener des opérations coups de poing contre les filières ». « La première opération a eu lieu il y a 48 h (200 migrants interpellés, tous relâchés le lendemain, NDLR). Le même type d’opération aura lieu dans quelques semaines ». De plus, 50 fonctionnaires  supplémentaires devraient prêter main forte à la police d’ici 2010 (ils seront répartis entre Calais et Boulogne-sur-Mer). Les contrôles seront renforcés autour de la gare du Nord et de la gare de l’Est à Paris. Enfin, « des accords seront conclus avec l’Allemagne et l’Italie pour des opérations de police conjointe sur le réseau ferroviaire et autoroutier ».

Par ailleurs, l’Etat pourrait acquérir cinq machines à rayons X, permettant une meilleure détection de toute présence dans les camions. Mais c’est un matériel coûteux: 2 millions d’euros par machine.

  Eric Besson,  qui entend « allier fermeté et humanité », a également présenté un volet « humanitaire » en six points:

-Création d’un point de recueil des demandes d’asile, avec l’ouverture d’une permanence de demande d’asile le mardi et le vendredi à la sous-préfecture de Calais. Ce point devrait satisfaire les associations. Jusqu’à présent, les migrants devaient déposer leurs demandes d’asile à la préfecture d’Arras.

-L’Anaem (Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrations)sera chargée de mettre en place un dispositif mobile d’information des migrants sur l’aide au retour.

-Ouverture d’un nouveau point de distribution de repas, qui remplacera l’actuelle distribution.

-Une permanence d’accès aux soins sera pérennisée avenue Pierre le Coubertin.

-Implantation d’un coin sanitaire avec des douches.

-Ouverture d’un nouveau point d’accueil de jour pour les personnes les plus fragiles. Seul hic, ce point d’accueil serait situé à environ 10 km du centre ville.

Le minisre a répété son opposition à toute implantation d’un centre permanent d’hébergement à Calais :« il n’y aura pas de nouveau, ni de mini Sangatte ».

Un sujet reste sensible : la coopération avec les Britanniques. Avant l’intervention d’Eric Besson, la maire de Calais avait lancé « il faut que les accords internationaux évoluent ». Les Britanniques ont signé l’accord de Dublin, mais pas les accords de Schengen, laissant « les autres faire le boulot », c’est-à-dire laissant les Français surveiller la frontière et empêcher le passage des clandestins. Le ministre a appelé les Britanniques à « prendre une part plus grande dans les contrôles ».

Eric Besson a dit son intention de revenir à Calais avant la fin de l’été pour faire le point.

Claire Debuyser

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Deux chapiteaux installés à Grande-Synthe pour les migrants démontés aujourd’hui

Grande-Synthe. C’est un bout de terre, derrière des bosquets et des arbres, qui n’est pas visible depuis la route mais néanmoins tout proche du centre-ville. Les employés municipaux qui travaillent à proximité savent tous nous indiquer où se trouvent « les tentes ». Deux chapiteaux blancs servent d’abri à des migrants en transit dans le dunkerquois. Mais ils doivent être démontés cet après-midi. Sur place, seulement une poignée d’hommes, qui se disent tous Afghans, sont présents. L’un d’eux explique dans un anglais sommaire que beaucoup sont déjà en route pour Calais, comme presque chaque jour. D’autres ont déjà quitté les lieux car ils savent que les tentes vont être enlevées. « It’s finished here », dit l’homme.

Ce matin, au micro de Delta FM, Damien Carême, le maire (PS) de la ville, a expliqué que ces chapiteaux avaient été installés le 26 décembre pour  faire face au grand froid, mais que ce n’était « qu’une solution temporaire ». « Nous avons réagi pour porter assistance aux personnes en danger, il y avait des femmes enceintes », explique le maire. Aucune autre solution n’est envisagée pour l’instant pour les migrants. Damien Carême rappelle que cela ne relève pas de la compétence de la ville, mais de celle de l’Etat.

C.D.

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Le « contrôle de battements de coeur » pour détecter la présence de clandestins

Aujourd’hui à Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, les responsables de la Chambre du Commerce et de l’Industrie accueillaient des journalistes sur le chantier du nouveau port, qui doit commencer à accueillir des bateaux fin juin. Lors de la visite, le directeur technique portuaire explique sur un ton tout à fait neutre que « cette esplanade est réservée aux Britanniques pour effectuer leurs contrôles de battements de coeur« .

 Avant d’embarquer sur les ferrys à destination de l’Angleterre, les camions seront strictement inspectés. Le contrôle de battements de coeur fonctionne sur le même mode que le contrôle de CO2 (vu dan le film Welcome). Le chauffeur devra descendre du véhicule et laisser les policiers britanniques placer des capteurs sur le camion qui permettent de détecter les vibrations des battements de coeur d’un éventuel passager…

C.D.

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La dépénalisation de l’aide aux clandestins en débat

Le collectif d’associations, qui a appelé mercredi 8 avril à se rassembler pour dire  « oui,un jour j’ai aidé un sans papiers », veut porter prochainement une proposition de loi qui vise essentiellement trois points:

-la réaffirmation du principe de l’« accueil inconditionnel », c’est-à-dire quelle que soit la situation administrative de la personne (principe mis à mal depuis l’arrestation d’un compagnon d’Emmaüs);

-la « dépénalisation des aidants »;

-l’ interdiction des interpellations de sans-papiers dans les lieux d’accompagnement ou d’accès aux droits.

Cette proposition de loi rejoint et complète une proposition de loi socialiste qui sera débattue le 30 avril à l’Assemblée nationale. Cependant, la commission des Lois de l’Assemblée nationale a d’ores et déjà rejeté la proposition de loi visant à supprimer ce que le PS qualifie de « délit de solidarité » avec les étrangers en situation irrégulière. Le groupe PS a décidé d’inscrire ce texte à l’ordre du jour de la journée parlemetaire qui lui est réservée, le 30 avril. Mais le rejet du texte par la majorité laisse présager d’un rejet en séance publique.

La proposition vise à « dépénaliser toute aide lorsque la sauvegarde de la vie ou l’intégrité physique de l’étranger est en jeu sauf si cette aide a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte ».

De son côté, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, a réaffirmé que « le délit de solidarité n’existe pas ». Selon lui, le terme « aidants » désigne « des personnes participant activement aux filièrs d’immigration clandestine », ce qui exclut  » tous ceux qui aident de bonne foi un étranger en situation irrégulière ».

(Avec AFP)

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Manifestation contre le délit de solidarité aux sans papiers

img_1425Citoyens et militants se sont retrouvés à 13h place Saint-Michel à Paris (photo). Au total, plusieurs milliers de personnes  se sont rassemblées dans 90 villes de France, à l’appel d’un collectif d’associations.

img_1419Ils manifestaient contre le délit de solidarité aux sans-papiers. L’article L622-1 punit de 5 ans d’emprisonnement et d’une amende de 30.000 euros « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étrager en France ». (Cet article L622-1 fait partie du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le « Ceseda »).

img_1321Le président d’Emmaüs France, Christophe Deltombe, a dénoncé l’article L622-1: « Ce texte, trop vague, qui permetdes poursuites judiciaires à l’encontre des bénévoles. Il faut l’amender », a-t-il ajouté.

img_1402Le philosophe Pierre Lauret, qui avait dû quitter l’avion sur le vol Paris-Kinshasa pour avoir posé trop de questions aux policiers qui encadraient un immigré clandestin sur le point d’être expulsé. Il est passé devant le tribunal correctionnel de Paris le 4 mars dernier mais a été relaxé.

Photos: Bopha Chheang/ Légendes: Claire Debuyser

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Marseille vote « Boutef »

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 « Mon président, c’est Bouteflika ! Et je n’ai pas l’intention d’en changer. » Evoquez l’élection présidentielle algérienne et, aussitôt, les yeux d’Hassel s’illuminent. Le vieil homme à la barbe finement taillée sous un bonnet noir et blanc a beau vivre à 800 kilomètres d’Alger, le scrutin du 9 avril le captive. Il en est convaincu : son héros, Abdelaziz Bouteflika, président de l’Algérie depuis 1999, sera reconduit dans ses fonctions pour la troisième fois. Au milieu de ses boîtes de conserves, cet épicier de la rue Longue, près de la Canebière, désigne fièrement le portrait du chef de l’Etat algérien, à la place d’honneur sur le mur de son échoppe, à côté de celle de « Zizou ».

Comme Hassel, environ 70 000 Algériens sont inscrits sur les listes électorales du consulat de Marseille, qui couvre les départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse. Ces immigrés suivent de près la campagne présidentielle de leur terre natale, là-bas sur l’autre rive.

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Hassel dans son échoppe nous montre ses cartes du FLN et d’électeur

A quelques jours du scrutin, les chalands du marché de Noailles entonnent sans cesse le même refrain sur fond de musique orientale: « Boutef, Boutef ». Ici, sa réélection ne fait aucun doute. « A Marseille, huit Algériens sur dix votent pour lui », assure Bessa Djamel, 55 ans, agent de sécurité sur le port autonome.  « Il recueillera entre 85 et 90% des voix », prédit même Farida Gaoua, membre de l’association « Elles, femmes de Picon », qui en redemande. « Bouteflika a apporté la paix. Quand je retourne au pays, je vois les résultats, explique le maraîcher Kamel Nasser. Dans les années 1990, on n’y mettait pas les pieds à cause du terrorisme. Aujourd’hui, grâce au président sortant, on peut faire la fête le soir sans craindre d’être assassiné ».

Soutien inconditionnel, Azzedine Toumi bat la campagne depuis deux mois. Son discours est bien rôdé.  « Premier mandat : Abdelaziz Bouteflika  s’est attaqué à la paix.  Deuxième mandat : il a résolu les problèmes économiques en réduisant la dette et en construisant des universités et des logements. Troisième mandat : on continue le programme! »

 

Poursuivre « l’œuvre » du président âgé de 72 ans, c’est aussi l’objectif du comité Algériennes de France. Tous les mardis après-midi, les représentantes d’une dizaine d’associations féminines se retrouvent dans leur QG du cours Julien, un quartier populaire. « Abdelaziz Bouteflika  a vécu vingt ans à l’étranger comme nous, donc il comprend les préoccupations des expatriés », martèlent ces dames pour justifier leur engagement politique. Dans un coin de la pièce, un petit guéridon sert d’autel pour le « culte » du chef de l’Etat algérien. Au-dessus, un grand panneau récapitule les actions menées dans chaque quartier de la ville : tractages dans les marchés, soirées festives, grands meetings. Sans oublier le porte à porte. « J’appelle ça le téléphone arabe », plaisante Kheira Naman, présidente du comité.

Malgré sa petite taille, cette femme à poigne de 58 ans en impose. Militante du FLN depuis vingt-cinq ans, elle reconnaît que la modification de la constitution permettant à Bouteflika de solliciter un troisième mandat « n’est pas vraiment démocratique ». « Mais s’il faut en passer par là, on l’accepte de bon cœur », ajoute-t-elle aussitôt. Car « Bouteflika a permis aux femmes mariées avec un étranger de transmettre la nationalité algérienne à leurs enfants ».

 

A Marseille – où les bureaux de vote sont ouverts depuis le 2 avril – comme à Alger, le véritable enjeu du scrutin est la participation. Pour inciter les électeurs à se rendre aux urnes, le consulat a dégainé une grande campagne d’information et de mailings. Un peu partout, depuis la Canebière jusqu’aux quartiers Nord, des petites affiches invitent les Algériens à se mobiliser pour leur pays. Avec pour argument choc : « Voter, c’est exister ».

Le collectif Algériennes de France se réunit pour organiser la campagne de Bouteflika dans chaque quartier de Marseille

Le collectif Algériennes de France se réunit pour organiser la campagne de Bouteflika dans chaque quartier de Marseille

Le consul sait que certains n’ont pas l’intention d’ « exister ». « Comme d’habitude, beaucoup ne se déplaceront pas. La communauté n’a pas la culture du vote » regrette Abderrahmane Ghoul, vice-président du Conseil régional du culte musulman de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Les quadragénaires ont tourné le dos aux affaires algériennes. « Je devrais participer, mais je ne pense rien de la politique », confie Kader Bekkar qui travaille pourtant dans la coopération internationale. « C’est plutôt aux Algériens d’Algérie de voter et pas à nous », estime-t-il.

Les plus radicaux des anti-Bouteflika, eux, boycottent le scrutin. Pour ces derniers, les dés sont pipés et les jeux sont déjà faits. « C’est toujours la même chanson. Pour moi, Bouteflika président à vie, ce n’est pas la démocratie », juge ce boucher du centre ville qui souhaite rester anonyme. Omar Kadri, membre de l’Association culturelle berbère, fustige, quant à lui, les manœuvres du président algérien.

 

Mais s’opposer au faiseur de paix est plutôt mal vu. Un voisin à l’oreille tendue n’étant jamais loin, mieux vaut dire en public qu’on votera « Boutef ». Car dans une communauté qui a vécu sous la terreur durant toute la décennie 1990, le contrôle social est toujours de mise. La confiance en celui qui a réussi à lui seul à débarrasser le pays du terrorisme en dix ans, ne se discute pas. Quitte à lui pardonner son autoritarisme

 Face à la machine Bouteflika, il est bien difficile pour l’opposition d’exister. Les autres candidats ne disposent d’aucun comité de soutien. Le consulat n’a distribué aucun programme, ni de Bouteflika ni d’aucun autre candidat. Pour s’informer, la diaspora doit compter sur la télévision. « On regarde Canal Algérie 3 » raconte Hammoud Ali. Or, Canal Algérie est une chaîne publique. Ce chômeur de 37 ans n’est capable de citer aucun nom de candidat, à part celui de Bouteflika.

 L.M.

 

 

 

 

 

 

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Valls-Besson : le débat

Le maire député PS d’Evry, Manuel Valls, accueille le ministre de l’Immigration Eric Besson pour un débat public, ce lundi 6 avril, dans le cadre des rendez-vous de l’éthique organisés par la ville.

Manuel Valls, qui n’hésite jamais à se démarquer de ses petits copains du PS, a donc invité  le « transfuge » Eric Besson à débattre autour de la question « Immigration, facteur d’unité nationale? ».

Sur son blog, il rappelle également qu’il « portera à la fin avril, avec le groupe socialiste à l’Assemblée une proposition de loi visant à supprimer « le délit de solidarité‘ », créé par l’actuel gouvernement.

Manuel Valls, le député-maire PS d'Evry

Manuel Valls, le député-maire PS d'Evry

Eric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale, de l'Intégration et du Développement solidaire

Eric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale, de l'Intégration et du Développement solidaire

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