Archives mensuelles : février 2009

Le compagnon d’Emmaüs arrêté à Marseille a été expulsé vers l’Algérie

Hamid Belkhir, le compagnon d’Emmaüs sans-papiers arrêté la semaine dernière à Marseille, a été expulsé mardi vers l’Algérie, a appris Destins d’immigrés auprès de la communauté de la Pointe-Rouge.
Hamid Belkhir était hébergé par l’association depuis septembre 2005.
« Il occupait un poste de tri et de vente de vêtements. Depuis quelques semaines, il travaillait également en cuisine », a expliqué Kamel Fassatoui, un des responsables de la communauté de la Pointe-Rouge à Marseille.
« Hamid était déclaré à l’Ursaf et à la Sécurité sociale », a ajouté Nouara Moussaoui.
L’interpellation de cet Algérien de 35 ans, suivie d’une perquisition dans les locaux de l’association et d’une garde à vue de Kamel Fassatoui, avait provoqué un vif émoi chez les compagnons, Emmaüs France dénonçant la « criminalisation des centres d’accueil ».
« On ne compte pas en rester là. Quitte à se rendre en Algérie, on va voir comment on peut aider Hamid », a déclaré M. Fassatoui.
Plusieurs associations et syndicats de la région (Fondation l’Abbé Pierre, Cimade Paca, Sud Santé Sociaux et CFDT Bouches-du-Rhône, etc.) ont appelé à signer un « manifeste pour le droit à l’accueil inconditionnel ».

L.M. (depuis l’AFP Marseille)

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La police s’invite chez Emmaüs Marseille

« Intolérable ». Les membres de la communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge à Marseille n’ont plus que ce mot à la bouche depuis hier. Après l’arrestation lundi d’un Algérien sans-papier herbergé par l’association, la police de l’air et des frontières a perquisitionné mardi le centre marseillais. Objectif: saisir les documents administratifs des compagnons portant un « nom à consonance étrangère hors Shengen », a expliqué Kamel Fassatoui. Ce responsable de la communauté a été placé en garde en vue pendant six heures durant lesquelles on lui a demandé de fournir des détails sur les membres de son associations.

Sous le choc, le réseau Emmaüs n’a pas tardé à réagir.  La direction nationale a dénoncé dans un communiqué une  » criminalisation des centres d’accueil ». Pour la première fois, les communautés des Bouches-du-Rhône ont fermé leur salle des ventes cet après-midi.

« La communauté Emmaüs de la Pointe-Rouge a vécu un événement scabreux, intolérable et inadmissible », s’est indigné son président Jean-Marie Allegrini qui pointe une atteinte au principe d’accueil inconditionnel. C’est là un reniement d’une promesse de Nicolas Sarkozy.

« Quand quelqu’un est dans la rue, qu’il est dans une situation d’urgence et de détresse, on ne va toute de même pas lui demander ses papiers! […] Dans les centres d’urgence, on doit accueillir tout le monde! », a déclaré le Président de la République le 17 octobre 2007 à l’occasion de la journée mondiale du refus de la misère.

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La fin des conditions de nationalités pour les professions réglementées ?

Les étrangers pourront-ils enfin exercer la médecine en France ? Le Sénat a commencé aujourd’hui l’examen d’une proposition de la loi socialiste sur la fin des conditions de nationalité pour les emplois protégés. Médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, pharmacien, vétérinaire, architecte, expert-comptable, géomètre-expert… autant de professions qui ne pourraient plus être réservées aux seuls nationaux français et ressortissants communautaires. Le texte a déjà été adopté à l’unanimité par la commission des lois. Un pas de plus vers la fin des discriminations liées à la nationalité…

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Rétention: au moins 6 associations ont répondu au 2e appel d’offres

Diviser pour mieux régner. En lançant un second appel d’offre sur l’aide aux étrangers en rétention, la nouvelle stratégie de ministère de l’Immigration semble avoir produit son effet. Selon l’AFP, au moins six associations candidates au premier appel d’offres du ministère de l’Immigration, ont de nouveau postulé mardi.

Interrogé par l’AFP, le ministère a affirmé qu’il ne divulguerait pas jusqu’à nouvel ordre la liste des candidatures à ce second appel d’offres, ouvert aux personnes morales jusqu’à mardi à 12H00.

Parmi elles, la Cimade, qui disposait jusque là d’un monopole pour visiter les Centres de rétention administrative (CRA), a brigué « tous les lots » géographiques (soit huit au total) définis par le ministère, a précisé à l’AFP une de ses porte-parole, Julie Chansel. Aucune nouvelle association ne s’est manifestée auprès de la Cimade pour visiter des CRA, a-t-elle ajouté, ce qui devrait exclure des candidatures supplémentaires par rapport à l’appel d’offres initial, annulé en octobre par le tribunal administratif, soucieux d’une meilleure définition des compétences juridiques des postulants.

Pourtant cinq autres associations ont confirmé qu’elles avaient répondu au second appel d’offres du ministère de l’Immigration :

La plupart appellent à une coordination interassociative.

Parallèlement, dix associations, dont la Cimade, ont déposé vendredi devant le Conseil d’Etat un référé suspension contre le décret du 22 août 2008 réformant l’aide aux étrangers en situation irrégulière dans les centres de rétention administrative (CRA), qui met fin au monopole de l’exercice de cette mission par la Cimade.

(avec AFP)

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Immigration clandestine: Eric Besson encourage la délation

  Manier la carotte et le bâton, c’est la nouvelle stratégie choisie par Eric Besson.  Le ministre de l’Immigration a annoncé hier sur Europe 1 qu’il signerait dès aujourd’hui un décret autorisant les préfets à régulariser les clandestins qui dénonceraient leurs passeurs. Objectif: « démanteler les filières ». 

Une « guerre » dans laquelle le ministre peut se prévaloir d’un premier succès dans le genre. Après six mois d’enquête, la police a démantelé hier matin un réseau asiatique dans trois arrondissements parisiens. Les perquisitions ont permis d’arrêter huit passeurs. Selon France Soir, « les clandestins étaient logés par les passeurs qui leur procuraient des papiers falsifiés avant de les faire passer vers des pays étrangers, notamment le Royaume-Uni, l’Irlande ou les pays nordiques. Coût du passage : entre 1.500 et 4.000 euros. Entre 13.000 et 15.000 euros si les personnes venaient directement de Chine ».

Du côté des associations d’aide aux étrangers, on juge cette « guerre aux filières » avec scepticisme. Sur France InfoLaurent Giovannoni, le secrétaire général de la Cimade, appelle Eric Besson à s’interroger sur les raisons qui poussent les migrants à recourir aux filières illégales : « Les politiques européennes qui verrouillent complètement les possibilités d’accès légal au territoire européen poussent les personnes à avoir recours à ces filières », explique-t-il.  En promettant des titres de séjours de 10 ans en échange d’une dénonciation, le ministre de l’Immigration place les clandestins dans une situation difficilement tenable. Comme le montre le reportage de Marianne, les migrants risquent à tout moment des représailles, pouvant aller jusqu’à la mort.

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D’où viennent les 29 796 expulsés en 2008?

Le 12 janvier dernier, Brice Hortefeux faisait le bilan de ses 18 mois à la tête du ministère de l’Immigration et annonçait près de 30 000 expulsions pour l’année 2008. Mais d’où viennent-ils? L’hebdomadaire Jeune Afrique s’est procuré la ventilation par nationalité des reconduites à la frontières effectuées l’année dernière (à lire dans le n°2508, du 1er au 7 février):
Sur les 29 796 sans-papiers renvoyés dans leur pays d’origine, les Roumains sont les plus nombreux, avec 7 842 départs. Viennent ensuite les Algériens (3 078), les Marocains (2 743), les Tunisiens (1 562), les Turcs (1 546),
les Indiens (1 373), les Bulgares (1 064), les Chinois (833) et les Brésiliens (674). Le premier pays d’Afrique subsaharienne n’arrive qu’en dixième position: le Mali, avec 501 ressortissants reconduits.

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Documentaire: des Sénégalais parlent de leur désir de partir

« Ils refusent de nous donner les visas. Eux, ils entrent et sortent d’Afrique comme ils veulent », s’insurge Malal, un jeune Sénégalais.

Le film « Dam walla dee », réalisé par le Chilien Rodrigo Saéz, à l’initiative du Comité  pour l’annulation de la dette de pays du tiers monde de Grenoble, donne la parole à des Sénagalais qui expliquent que, pour eux, c’est « partir ou mourir ».  (voir notre post sur ce ciné-débat qui avait lieu à l’espace MACAQ à Paris)

Des accords de pêche existent entre l’Union européene et le Sénégal depuis 1979, permettant aux bateaux européens de pêcher dans les eaux sénégalaises, en échange d’une compensation financière.  Mais le poisson se raréfie et les pirogues ne peuvent pas aller toujours de plus en plus loin pour pêcher.

L’agriculture est une autre activité importante du pays. Le plan REVA (plan de retour vers l’agriculture) prévoit une aide pour encourager les paysans  à produire. Mais le marché sénégalais est envahi de produits européens, subventionnés et donc moins chers.

Ces conditions poussent de nombreux jeunes à imaginer leur avenir ailleurs, en Europe, en particulier en Espagne ou en France. Dans le film, un homme témoigne: « Pour payer le voyage, les gens vendent leur matériel d’agriculture, de pêche ou alors c’est leurs mères qui s’endettent ».

Après la mort en 2006 de son fils unique au cours du périple qui devait le mener en Europe,  Yayi Bayam Diouf a créé le Collectif des femmes pour la lutte contre l’immigration clandestine. Elle demande aux mères de ne plus financer le voyage de leurs enfants et incite les jeunes à envisager leur avenir au Sénégal.

Reste qu’avec 48% de la population active au chômage en 2007, le désir -ou le besoin- de partir reste tenace. « Aucune barrière, aucun visa ne pourra les arrêter. Les jeunes iront là où il y a à manger, là où il y a des richesses », conclut un autre homme, un peu plus âgé.

Claire Debuyser

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